Partager ce que l’on sait est le meilleur moyen d’apprendre davantage.

« Fehlem lernen »

Sylvain Houde

Associé

10 mai 2018


Pour cette chronique, j’ai décidé de m’inspirer de mon ami Jean-François Bertholet et d’utiliser moi aussi un mot allemand pour expliquer une réalité. Après sa référence au schadenfreude (une sorte de plaisir à voir les autres subir des revers), je vous présente le fehlem lernen, qui signifie apprendre de ses erreurs.

On enseigne à nos enfants à apprendre de leurs erreurs. L’adage populaire veut qu’il soit permis de faire une erreur mais pas de la répéter. En général, on tire des leçons de nos mauvais pas. On grandit, on devient meilleur et on gagne en maturité. L’expérience amène souvent à faire de meilleurs choix par la suite.

Bien que l’importance de ne pas répéter les mêmes erreurs soit évidente, les entreprises semblent avoir de la difficulté à en tenir compte. Dans le monde des affaires, les erreurs sont parfois fort coûteuses et peuvent mener à la disparition d’une entreprise. En 2011, on observait qu’entre 40% et 80% des changements n’atteignaient pas leurs objectifs ou se soldaient par un échec. Une étude de 2017 montre que le taux d’échec moyen est de 50%.  Force est de constater que la situation a peu changé ces dernières années.

Récemment, lors d’un événement sur la transformation numérique, les responsables de nombreuses entreprises m’ont fait cette réflexion : ils savent que le taux d’échec des transformations est élevé, mais ils sont convaincus que là où les autres échouent, eux réussiront, même sans accompagnement particulier. Autrement dit, ils ressentent un sentiment d’invulnérabilité même si autour d’eux de nombreuses autres entreprises subissent des revers lors de leur transformation.  Schadenfreude ou fehlem lernen?

Fehlem lernen ou plutôt ne pas apprendre de ses erreurs ! Lorsqu’on analyse les causes des échecs des transformations, on constate sans surprise que ce sont toujours et encore les mêmes. La panification de la transformation, qu’elle soit numérique, organisationnelle ou autre, est presque systématiquement mise de côté. L’accent est mis sur la techno et très peu sur l’humain.

Avec un peu de recul, nous avons la possibilité d’apprendre de ces erreurs et de ne pas les répéter. Comme lorsque nous étions enfant. Nous pouvons corriger le tir et faire baisser cette affreuse statistique d’échec.

Si, pour chaque dollar investi en technologie ou en projet de transformation, seulement quelques cents allaient aux facteurs RH, que ce soit dans le développement des talents, la mobilisation, la planification ou la prise en compte du point de vue des employés, je suis convaincu que nous pourrions abaisser cette statistique et dire que nous avons appris de nos erreurs.

Fehlem Lernen.


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