On aime vous faire voir les choses différemment

Les grandes leçons de Blue Ocean Shift

Philippe Richard Bertrand

Associé et chef de la croissance

07 mars 2018


Dans leur plus récent livre Blue Ocean Shift: Beyond Competing – Proven Steps to Inspire Confidence and Seize New Growth, W. Chan Kim et Renée Mauborgne mettent d’emblée sur la table que la meilleure façon de battre la concurrence est d’arrêter d’essayer de battre la concurrence. 

En 2005, ils ont publié Blue Ocean Strategy, l’un des livres de stratégie les plus percutants ayant été écrit. Vendu à plus de 3,6 millions d’exemplaires et publié en 44 langues, le livre est devenu une référence pour toute organisation souhaitant développer de nouveaux marchés. Il a passé plus de 100 semaines sur les listes des best-sellers.

Ils ont donc repris les principes du premier livre et en ont fait une suite avec Blue Ocean Shift. Le livre fournit un guide étape par étape pour identifier les opportunités de croissance inexploitées, que vous soyez une startup, une petite ou une grande entreprise.

Blue Ocean Shift fait l’analyse et la comparaison des histoires à succès et d’échecs en analysant et en comparant les succès et les échecs des projets à travers le monde qui ont émergé du mouvement Blue Ocean Strategy.

Tout d’abord, il démontre pourquoi le fait de se concentrer sur la compétition vous fait passer à côté d’énormes opportunités de croissance et explique comment élargir votre réflexion sur la stratégie au-delà de la compétition.

Deuxièmement, il démontre pourquoi le processus dit de « destruction créatrice » comme source d’innovation est limitatif et comment vous pouvez vous développer à travers une création non perturbatrice. Il est de plus en plus admis que la création d’un nouveau marché détruirait ou perturberait un marché existant.

Par exemple, nous entendons souvent des clients nous dire qu’ils veulent être les prochains Airbnb ou Uber de leur industrie. L’an dernier, Gary Vanerchuk nous disait lors de son allocution à Haste and Hustle que lorsqu’un entrepreneur évoque cette idée lorsqu’il vient le voir, il le renvoie aussitôt : « N’essayez pas d’imiter un concept qui n’est pas le vôtre, inventez le vôtre », disait-il. Effectivement ce n’est pas facile et, justement, c’est cela qui fait que les succès sont novateurs et produisent les résultats escomptés.

Troisièmement, Blue Ocean Shift illustre comment n’importe qui dans n’importe quelle organisation, et pas seulement les entrepreneurs, peut passer d’un océan rouge à un océan bleu grâce aux 5 étapes qu’il propose.

Quatrièmement, Blue Ocean Shift démontre comment la confiance est essentielle pour créer et exécuter votre stratégie de croissance et comment la construire. Sans la confiance nécessaire pour agir, peu de gens se lanceront dans une nouvelle voie, même si la feuille de route est claire.

Enfin, Blue Ocean Shift explique pourquoi il faut éviter de construire une stratégie de croissance basée sur les conditions environnementales et industrielles existantes et comment vous pouvez les façonner en votre faveur pour votre croissance. La plupart des organisations élaborent leur stratégie en fonction des conditions de l’industrie.

Par exemple, Hydro-Québec aurait pu choisir d’offrir des tarifs préférentiels aux centres de données et à l’industrie de la cryptomonnaie, qui sont deux types de clients qui consomment beaucoup d’énergie. Hydro-Québec offre déjà des tapis préférentiels aux alumineries, donc pourquoi ne pas l’offrir à ces joueurs majeurs de l’économie digitale ?

Ne pas être perturbateur à tout prix

Le mantra populaire actuel est de tout perturber ! La perturbation est-elle le seul moyen ? Et est-ce le moyen le plus intelligent pour les entrepreneurs et les organisations établies de croître et de créer de nouveaux marchés ? Blue Ocean Shift affirme que non.

Apparemment, tout le monde qui pense à la création d’un nouveau marché pense en termes de perturbation, mais ce que les auteurs ont découvert grâce à leurs recherches, c’est que la perturbation ne représente que la moitié du potentiel. L’autre moitié est une création non perturbatrice.

La technologie à elle seule ne créera pas de croissance. La technologie compte, mais elle ne constitue pas le levier décisif. L’innovation de valeur est le grand levier. Il faut donc d’abord penser à innover en matière de valeur, et ensuite à la technologie, et toujours se rappeler qu’elles ne sont pas les mêmes choses.


Autres articles