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Le piège de la licorne rose

Sylvain Houde

Associé, Chef de pratique transformation/innovation

04 juillet 2018


Il y a différents pièges dans lesquels les gestionnaires sont susceptibles de tomber en période de changement, tels le piège de la communication ou celui de la vision du changement. Il y a un piège est assez fréquent dont nous en entendons moins parler : celui de la licorne rose.

Ce que j’appelle la licorne rose est le piège de l’accès d’optimisme. Ce piège guette le gestionnaire qui considère que, puisque le résultat du changement sera positif, il n’a pas à se préoccuper d’éventuelles embûches. Les gestionnaires ou dirigeants ayant la pensée de la licorne rose croient que les employés vont embrasser le changement sans aucune préoccupation et que tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Dans les faits, il est vrai que la plupart des changements ou des transformations naissent d’une intention positive, soit rendre les choses meilleures, plus faciles, plus efficaces, etc. Cela dit, le chemin pour s’y rendre sera assurément sinueux, parsemé de petites, moyennes ou grandes embûches. Dans ce contexte, comment éviter le piège de la licorne rose? Voici trois éléments clés de succès pour y arriver.

Gérer les préoccupations 

Que le changement soit positif ou négatif, il faut gérer les préoccupations des employés afin de générer un climat de confiance et de perception positive. Qu’elles soient minimes ou grandes, elles sont toutes importantes. Si les préoccupations ne sont pas entendues et prises en main, cela affectera négativement la perception du changement, même si ce dernier est positif. Être à l’écoute pour bien répondre et savoir quand répondre, voilà l’un des facteurs de succès1.

Ne pas attendre

On ne le répétera jamais assez : plus tôt on intervient en amont du changement, voire même pendant la phase d’idéation, meilleures sont les chances du succès de celui-ci. Nous le savons, 40 à 80% des changements n’atteignent pas les résultats escomptés. Il y a une part de cet insuccès attribuable à la sous-estimation du facteur humain. Une autre cause réside dans le fait que la gestion du changement arrive trop tard. Que le changement soit positif ou négatif, il est impératif de le gérer, de le planifier, de se doter de ressources d’accompagnement. Comme le dit l’adage populaire, mieux vaut prévenir que guérir. Ceux qui voient des licornes roses tombent dans un piège car ils ne voient pas la nécessité de gérer le changement.

Développer les compétences de leadership dans le changement

Sans faire un cours sur le leadership, rappelons qu’un des rôles du leader en période de changement est d’informer les employés et de leur faire voir la réalité. Voir les angles morts, anticiper les difficultés, gérer les préoccupations. Mentionner que le chemin vers le changement pourrait parfois être sinueux génère plus d’effets positifs chez les employés que de tenter de les épargner en mettant de l’avant la licorne rose. Cela permet de créer un climat de confiance si important pour la mobilisation des employés à l’égard du changement.

En conclusion, dans le domaine de la transformation organisationnelle, les visions de licornes roses sont trop souvent suivies d’échec douloureux et coûteux, tant pour les entreprises, leurs dirigeants que leurs employés. Le réalisme, l’écoute et la préparation du changement sont des clés pour des changements réussis.


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