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Que veux-tu faire quand tu seras grand ?

Philippe Richard Bertrand

Associé et chef de la croissance

28 mai 2018


Lors d’une journée pluvieuse avec mon garçon de huit ans, j’ai eu l’idée de mettre de côté les jeux électroniques et de lui faire faire un exercice. L’exercice consistait à faire un dessin où il se projettait dans le futur, à l’âge de 25 ans.

À ma grande surprise, son dessin était très élaboré. Mon garçon se voyait déjà comme un policier militaire, marié et père d’un enfant, ce qui m’a fait bien rire. Par contre, lorsque j’ai creusé pour essayer de comprendre pourquoi il se voyait comme un policier militaire, j’ai réalisé qu’en raison de tous les conflits qu’il voit à la télévision, il souhaitait pouvoir gérer et régler des conflits entre les personnes.

Ceci étant dit, je l’ai questionné à savoir s’il croyait qu’il y aurait encore des policiers militaires dans le futur. C’est là où j’ai réalisé que les métiers du futur de nos enfants n’existent peut-être pas encore et que ce sera une énorme transformation pour l’ensemble de la planète, puisque certains corps de métiers n’existeront plus, seront robotisés ou seront complètement transformés par l’intelligence artificielle.

Par exemple, si on regarde aujourd’hui le métier d’avocat, il traverse une transformation complète parce que le modèle d’affaires des bureaux d’avocats repose sur des revenus provenant principalement de ce qu’on appelle les frais d’étude. Hors, ces frais d’étude vont complètement disparaitre au cours des prochaines années, à très court terme, avec l’arrivée de l’intelligence artificielle et la capacité de corroborer des données sur le web.

Un autre métier qui va complètement disparaitre est celui de notaire. Le notaire, aujourd’hui, s’assure notamment que les biens que nous achetons soient libres de taxes et de dettes. Avec l’arrivée du blockchain, tout ça va complètement changer.

Et je pourrais continuer longtemps comme ça…Dans le domaine de la médecine, des bras robotisés effectuent maintenant plusieurs types d’opérations et, comme les robots emmagasinent les complications qui peuvent survenir lors d’une chirurgie, ils sont capables de réagir à une vitesse beaucoup plus grande que celle d’un humain.

J’ai donc expliqué à mon garçon de huit ans que son métier du futur n’existait peut-être pas encore et qu’il ne devait pas se mettre trop de pression à le choisir tout de suite. Je lui ai donné comme exemple que moi, lorsque j’avais son âge, l’internet n’existait même pas. Pour lui, c’était inconcevable que le web ne puisse pas avoir toujours existé et je lui ai répondu que j’avais été chanceux, puisque le web est arrivé alors que j’avais 17 ou 18 ans et que j’ai eu l’occasion de m’adapter. En revanche, son grand-père paternel a eu beaucoup plus de difficulté à s’adapter.

Mon message pour lui était en fait de ne pas devenir trop anxieux ou stressé par rapport à son futur choix de carrière. De prendre le temps d’essayer, de vivre, d’expérimenter différentes choses avant de décider ce qu’il ferait plus tard, parce que c’est en faisant des essais et en regardant ce qui se fait ailleurs qu’il sera capable de traverser les changements de la vie, les changements technologiques et de modèles d’affaires qui s’en viennent.


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